Dans quarante ans, personne n’ouvrira le dossier « Photos 2026 » d’un ancien téléphone. On ouvrira l’album posé sur l’étagère, ou la boîte retrouvée au grenier.
Nous prenons plus de photos que jamais. Des milliers par an, dans chaque famille. Et presque aucune ne sera transmise. Elles dorment dans un téléphone, un nuage, un disque dur dont plus personne ne saura le mot de passe.
Je fais le choix inverse : imprimer. Moins d’images, mais des images qu’on tient dans les mains.
Un fichier n’est pas un héritage
Un fichier a besoin de quelqu’un pour le chercher. Il dépend d’un format qui change, d’un compte qu’on oublie, d’un appareil qui finit par lâcher. Mes photos de mariage étaient sur deux disques durs, l’un en sauvegarde de l’autre. Les deux sont morts. Pendant un temps, je n’avais plus rien. Je les ai retrouvées sur une clé USB que j’avais confiée à mes parents, et dont je ne me souvenais plus.
Si ces images existent encore, ce n’est pas grâce à la technique. C’est parce que quelqu’un les gardait pour moi. Un disque ne prévient pas quand il lâche. Un album ne disparaît pas d’un seul coup. Et un fichier, lui, n’a pas de geste : on ne le feuillette pas, on ne tombe pas dessus par hasard en cherchant autre chose.
Ce n’est pas une critique du numérique, qui reste précieux pour garder et partager. Mais garder n’est pas transmettre. Pour qu’une image passe d’une génération à l’autre, elle doit exister quelque part où l’on peut la rencontrer.
Ce que fait l’objet
Sur un écran, on regarde seul. Sur un tirage, on regarde à plusieurs. On se penche, on pointe du doigt, on dit « regarde comme tu ressemblais à ta mère ». On écrit une date au dos, un prénom, parfois un mot. Le tirage passe de main en main, et chaque main y laisse quelque chose.
Cette idée vient de loin. Je garde un objectif qui appartenait à mon père : un objet reçu, pas un fichier. Je sais ce que c’est de tenir entre ses mains ce que d’autres ont tenu avant soi. C’est ce que je cherche à créer pour les familles que je photographie.
Comment je le fais
Je photographie ensemble plusieurs générations, grands-parents, parents, enfants, parfois leurs animaux, à la maison ou en pleine nature, entre Grésivaudan et Isère. Je prends le temps, parce que ce sont les regards et les gestes qui font le portrait.
Ensuite vient la sélection, puis l’objet : un tableau pour le mur du salon, un album pour qu’on le feuillette, un leporello qui se déplie comme une frise. Ce n’est pas une galerie en ligne qu’on oublie, c’est quelque chose qu’on pose, qu’on offre, qu’on retrouve.
Le déroulé d’une séance est sur la page Séances & Tarifs, et les objets sont présentés sur Vos souvenirs.
Un projet de transmission ?
Si vous avez dans votre famille un anniversaire à marquer, des grands-parents dont vous voulez garder le regard, ou simplement l’envie d’avoir enfin autre chose qu’un téléphone plein de photos, écrivez-moi. Nous en parlerons simplement. Je me déplace jusqu’à 30 km autour de Saint-Pancrasse : contact@cgc-regards-heritage.fr
